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La cérémonie de Camerone
amerone est un terme déformé : l’appellation exacte est Camaron dont la signification porte à controverses (écrevisse, crevette, nom d’arbre) Ce n’est pourtant qu’en 1906 qu’aura lieu la première commémoration de Camerone. Elle se fait dans le petit poste de Ta-Lung au Tonkin, dans le nord de l’Indochine française, à l’initiative du lieutenant François, désireux d’apporter une plus grande cohésion à ses troupes par l’exaltation du combat de leurs glorieux aînés. C’est le général Rollet qui va faire de cette commémoration une des plus grande tradition de la Légion. Pour le centenaire de la création du corps qu’il commande, il choisit le 30 avril 1931 et non le 10 mars. |
![]() Une vision grandiose de la commémoration du centenaire par Pierre Bénigni. Avec le général Rollet (couvert de décorations), alors inspecteur de la Légion étrangère et en fond le monument au mort de la Légion, ramené de Siddi-Bèl-Abbès à Aubagne après l’indépendance de l’Algérie en 1962. Les légionnaires qui présentent les drapeaux au général portent des uniformes anciens. |
A cette occasion la main de bois du capitaine Danjou, le chef de la Légion à Camerone, est sortie du musée. A partir de 1936, elle est présentée au public et le récit du combat est lu à haute voie. Cet article en est une version enrichie.
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![]() La main de bois du capitaine Danjou, conservée à la maison mère de la Légion étrangère, à Aubagne. |
Le Second Empire à la recherche du prestige du Premier Empire Le rétablissement de l’Empire, le 2 décembre 1852, s’accompagne d’un contrôle très strict des libertés publiques. La presse et les oppositions politiques sont complètement muselées. Napoléon III tente très vite de rétablir le prestige de la France dans le monde, tant pour asseoir la légitimité de son régime que pour répondre à la nostalgie, toujours vivace en France, des jours glorieux du premier Empire. Il se pose en défenseur des catholiques. Sa première intervention consiste à rendre Rome au pape après sa prise par les nationalistes italiens (1849). Son souci de préserver les intérêts des catholiques à Jérusalem le pousse à entrer en conflit avec la Russie, protectrice des orthodoxes. L’alliance avec l’Angleterre débouche sur une action offensive avec la campagne de Crimée. Théâtre d’opération principal, celle-ci va donner son nom au conflit. Le siège de Sébastopol (28 septembre 1854 - 8 septembre 1855) va décider de l’issue de la guerre. Le traité de Paris (28 février - 30 mars 1856) met un frein provisoire aux ambitions russes dans les Balkans. Napoléon III s’engage alors activement aux côtés des nationalistes italiens emmenés par le royaume de Piémont-Sardaigne. Lors de la campagne d’Italie (1859), qui rappelle celles du premier Empire, la France remporte les victoires de Magenta et Solférino. Néanmoins, horrifié par les pertes françaises, Napoléon III décide de ne pas poursuivre son avantage. Par le traité de Zurich, la majeure partie de la Lombardie va au Piémont mais Venise reste sous domination autrichienne. En contrepartie le Piémont doit céder la Savoie et Nice à la France après un plébiscite (24 mars 1860). L’unité italienne va se faire autour de Victor Emmanuel II, proclamé roi d’Italie le 17 mars 1861. Sur le plan intérieur, le régime prend un tournant libéral à partir de 1860. L’opposition politique en profite pour se renforcer malgré la réussite indéniable du régime dans le domaine économique, avec un soutien efficace aux industriels et aux banquiers. Napoléon III et surtout son entourage cherchent donc une nouvelle aventure extérieure, propre à affermir un pouvoir vacillant. |
![]() L'Empereur Napoléon III |
L'expédition du Mexique Le contexte politique et diplomatique De 1857 à 1860, le Mexique connaît une guerre civile qui oppose le parti conservateur de Félix Zuloaga au parti libéral de Benito Juarez. Le premier installe son gouvernement à Mexico, le second à Vera Cruz. Après sa reconnaissance par les Etats-Unis (6 avril 1859) et sa victoire de Calpulalpam, Juarez contrôle l’intégralité du pays (22 décembre 1860). Cette période de troubles ayant épuisé les finances du pays, Juarez décide de confisquer les biens de l’Eglise et de suspendre le paiement de la dette extérieure, les principales puissances créancières envoient alors un corps expéditionnaire au Mexique pour faire valoir leurs droits. 700 royal marines britanniques, 6.000 Espagnols et 2.500 Français débarquent à Vera Cruz où ils sont aussitôt atteints par la fièvre jaune. Le commandant espagnol, le général Don Juan Prim, négocie leur installation sur des hauteurs plus salubres. Mais cette convention de Soledad légitime le gouvernement de Juarez. Les troupes débarquées ne sont alors plus des forces de police mais potentiellement des forces d’invasion. |
![]() La vitrine consacrée à la campagne du Mexique du musée de l'Empéri de Salon-de-Provence. |
Lors des négociations qui s’ouvrent sur le règlement de la dette, la France réclame des indemnités volontairement exorbitantes. En effet, Napoléon III veut profiter de la guerre civile aux Etats-Unis pour mettre en place un empire catholique au Mexique. 4.000 hommes supplémentaires arrivent sous le commandement du général de Lorencez. Il emmène avec lui un dissident mexicain réfugié auprès de la cour impériale à Paris. Celui-ci réclame le retour de l’ancien gouvernement. Cette provocation se double d’un déplacement inopiné des troupes françaises vers les hauteurs. La réunion d’Orizaba du 9 avril 1862 se solde par un échec. Les troupes anglaises et espagnoles rembarquent aussitôt. Le lendemain, le commandement français déclare les hostilités ouvertes, officiellement en raison des déprédations causées par les troupes juaristes. |
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![]() Aculzingo, théâtre du combat des Cumbrès où le 99e de ligne défait l’ennemi. |
L'expédition du Mexique (suite)
Les opérations militaires Le général de Lorencez prend le commandement et reçoit l’ordre de marcher sur la deuxième ville du pays, Puebla, dont la prise ouvrirait les portes de Mexico. Son armée ne compte guère que 6.000 hommes valides, appuyés par quelques batteries d’artillerie. Le 28 avril, les Français forcent le passage des monts Cumbres, à Acultzingo contre une force sensiblement égale. |
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